Les jazz-bands se forment et se transforment au rythme de l’évolution du jazz. On distingue 2 grandes périodes historiques, correspondant à 2 grands types de formations :
Le vieux style, 1917-1930
Le quartier de Storyville ferme en 1917, par décision gouvernementale. Les jazzmen migrent vers le nord, à Chicago, où le « vieux style », le New Orleans jazz et ses adaptations, rayonnent. Le genre intègre du spiritual (When the Saints), du ragtime (Maple Leaf Rag), les codes du blues (Royal Garden Blues), des compositions de jazzmen (Muskrat Ramble, de Kid Ory) et des airs à la mode. C’est l’époque de l’improvisation collective polyphonique, dans une ambiance chaleureuse et spontanée. Les jazz-bands accompagnent régulièrement des numéros de claquettes ou tap dance dans les clubs de Chicago ou de Harlem.
L’un des ensembles légendaires du « vieux style » est le Creole Jazz Band, dirigé par King Oliver. C’est le premier groupe de Louis Armstrong. Cette formation typique de 7 musiciens enregistrera en 1923 le célèbre morceau Dipper Mouth Blues.
Les années 20 sont aussi marquées par les orchestres New Orleans Rhythm Kings ou Red Hot Peppers et l’émergence du style Chicago ou Chicago jazz. C’est le début des improvisations solistes. Parmi ses représentants majeurs, on retrouve Louis Armstrong, pionnier de la trompette solo et le cornettiste, pianiste et compositeur Bix Beiderbecke.
Le middle jazz, 1930-1944
Dans les années 30, le jazz sort des cabarets et s’immisce dans le monde du spectacle. Il rythme désormais les prestigieux dancings de New-York. Les jazz-bands s’étoffent et se transforment en grands orchestres, les big bands, dont le pianiste et compositeur Fletcher Henderson est l’un des pionniers. Ces ensembles spectaculaires et disciplinés comptent jusqu’à 18 ou 20 musiciens.
La période 1938 -1944 est « l’époque du swing » par excellence : jazz rime avec joie de vivre et le genre gagne en popularité. Les improvisations solistes deviennent plus fréquentes, puis essentielles. Chaque instrument a son moment pour briller. Benny Goodman, Glenn Miller, Gene Krupa, Duke Ellington ou Count Basie sont les célèbres chefs orchestraux des ensembles portant leur nom.
Les années 1930-1940 correspondent à l’âge d’or des big bands. Puis le jazz prend un tournant radical avec la naissance du bebop. Les musiciens, en quête de liberté, s’affranchissent de la discipline et de l’esprit des grands orchestres, jugés commerciaux, malgré la qualité des prestations. Cette rupture marque la fin des jazz-bands au sens strict du terme. Mais cela n’a pas empêché le New Orleans jazz, le style Chicago et le swing d’arriver jusqu’aux oreilles du XXIe siècle, d’y trouver des représentants passionnés et un public toujours conquis.
⏩ De nos jours, les jazz-bands font partie des animations musicales de mariage les plus prisées !